Communiqué, Paris, le 12 juin 2008
Depuis plusieurs mois, les élèves, les parents, et les personnels de l’Éducation Nationale, s’alarment et se mobilisent face aux annonces et aux réformes mises en place.
Les nouveaux programmes, en primaire, centrés sur les savoirs dits fondamentaux, et prônant des méthodes passéistes (exercices répétitifs, retrait de la pratique expérimentale au profit de savoirs abstraits, retour des prescriptions moralistes…) ainsi que la réduction massive et durable du nombre de postes, affectant particulièrement les secteurs déjà défavorisés par une répartition des moyens très inégalitaire, renforcent la sélection au sein de l’école.
Parallèlement, dans un contexte social difficile (chômage, précarité, pression sur le travail, hausse des prix), la course à la réussite pousse à la compétition scolaire : palmarès des écoles dans le cadre de l’ « assouplissement » de la carte scolaire, fichage des élèves du primaire et du secondaire avec des informations sensibles sur les familles et les résultats aux évaluations nationales.
Ces réformes prennent pour prétexte le prétendu piètre niveau des élèves français évalués lors d’enquêtes européennes (PISA …) ; or, ces enquêtes valorisent justement les systèmes éducatifs qui mettent en avant l’entraide, l’imagination des élèves, leur autonomie et leur esprit critique, qualités trop souvent absentes dans des formes d’enseignement qui tendent à réduire la confiance en soi de nombreux élèves (autoritarisme, notations normatives, punitions systématiques).
En outre, d’autres projets sont annoncés, et ce, à peine les précédents décidés : augmentation du recours aux statuts précaires (rapport Pochard), suppression des IUFM, concours de recrutement plus sélectifs pour contrer les demandes de revalorisation du salaire des enseignants, dans un contexte de remise en cause plus générale des conditions de travail tant dans le public que dans le privé (35h et augmentation du nombre d’annuités).
Des résistances nombreuses se manifestent ; occupation d’écoles, grève reconductible dans plusieurs villes (Loire Atlantique, Paris, …) et occupation du Rectorat de Guyane durant plusieurs semaines, multiples manifestations lycéennes après celles des étudiants. Pourtant le ministère de L’Éducation Nationale ignore toute critique et ne répond que par la provocation (répression policière et judiciaire, propos lapidaires comparant augmentation des moyens et baisse des résultats à une dictée, manipulation des chiffres pour justifier les économies).
Face à cette situation, nous ne pouvons rester inactifs : l’équipe du Lycée Autogéré de Paris sera en grève le 17 juin 2008, et n’assurera donc aucune surveillance des épreuves du baccalauréat ce jour.
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Dernière mise à jour : lundi 7 juillet 2008