Edito

Commission accueil pour les professionnels :

jeudi 26 janvier

de 11H à 13H

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Communiqué contre la répression du mouvement social

24 novembre 2016

Les manifestations contre la loi travail ont été le théâtre d’un déploiement policier liberticide inquiétant. Des parcours ont été interdits et remplacés par une promenade autour du bassin de l’Arsenal ou des aller-retour Bastille-Place d’Italie, des arrestations massives ont été organisées par encerclements (« nasses »), des interventions policières violentes ont été ménées dans la confusion blessant plus de 228 personnes, des grenades de désencerclement et tirs de flasball ont mutilé (Jean-François perd son œil à Rennes le 28 avril, Laurent est éborgné place de la République le 15 septembre). Une autre grenade DBD95 lancée au milieu d’un attroupement pacifique a perforé la boite crânienne de Romain qui est resté plusieurs semaines dans le coma.
En même temps, sur les près de 2 000 manifestants arrêtés, nombreux ont été mis en examen et poursuivis pour jets de projectiles, violences envers les force de l’ordre, rébellion.
Certains se voient reprocher ces faits après une identification qui laisse une grande marge d’incertitudes.

Deux exemples parmi d’autres
Suite à l’incendie d’une voiture de police le 18 mai, une personne est arrêté et poursuivi pour tentative de meurtre. Il se retrouve en prison en l’attente de son procès sur la base d’une couleur de caleçon et d’un témoignage anonyme.
Jimmy, lycéen inscrit au Lycée Autogéré de Paris, a été poursuivi pour jet de projectiles. Alors qu’il raconte sa participation festive à la manifestation du 31 mars, la procédure laisse transparaître de nombreuses contradictions dans les témoignages des policiers qui l’accusent. Il a été relaxé en première instance mais le parquet a fait appel, comme systématiquement pour toutes les relaxes de ce mouvement. En appel, il a été condamné de façon incompréhensible. La cour lui demande de verser une indemnité à un policier qui admet avoir été ni blessé ni atteint par un projectile mais qui demande tout de même une réparation financière de 500 euros au titre des blessures qu’il aurait pu subir. Cette décision, qui pose la question de l’application de loi, fait l’objet d’un pourvoi en cassation.

La semaine qui sera ponctuée le 25 vendredi novembre par un concert de soutien aux lycéens inculpés est particulièrement chargée en actualités concernant les violences policières et la loi travail.
– Le policier qui a frappé un lycéen de Bergson a été condamné à 8 mois de prison avec sursis, sans inscription au casier et pourra continuer a être policier.
– A Bobigny se déroule le procès des policiers qui ont tiré avec des lanceurs de balle de défense (LBD) sans raison ni sommation sur une foule en juillet 2009 à Montreuil. Joachim y a perdu un œil.
– Bagui et Youssouf Traoré, les frères d’Adama sont incarcérés jusqu’au 14 décembre. Ils sont placés sous mandat de dépôt pour outrage et rébellion sur gendarmes suite à un rassemblement devant la mairie de Beaumont sur Oise. Les gendarmes présents lors de l’interpellation qui a coutée la vie à Adama ne sont toujours pas mis en examen.
– Enfin le mardi 22 novembre 2016 le journal officiel a publié le décret de l’inversion de la hiérarchie des normes (article 8, ex 2, de la loi travail)

Tous ces événements nous interpellent et nous questionnent sur la société dans laquelle nous voulons vivre. Une chose est sure, nous ne voulons pas de cette société qui facilite l’exploitation et les licenciements, qui muselle sa jeunesse et où manifester ses opinions se fait au risque d’être blessé, mutilé ou condamné.

Les élèves et professeurs du LAP réunis en assemblée le jeudi 24 novembre 2016.

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Enfin 25 postes pour le LAP

 

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Il y a 5 ans nous avons été, comme tant d’autres, victimes de la RGPP (révision générale des politiques publiques). Le Rectorat voulait nous supprimer 5 postes sur 25. Cette réduction aurait entraîné la fermeture dès la rentrée suivante du LAP. Une énorme mobilisation  a permis d’empêcher cela et de sauver 4.5 postes sur les 5 menacés.
Depuis 2011 nous revendiquons ce demi-poste perdu pour permettre à tous les enseignants du LAP de participer pleinement à notre projet d’autogestion et de pédagogies alternatives.
Le Rectorat, après avoir eu l’indécence de proposer de le financer sur nos propres salaires, vient enfin de répondre positivement à notre modeste demande.
Cette victoire n’a été possible que grâce à la mobilisation déterminée des membres du LAP (élèves et personnels), alliée au soutien de notre réseau très actif : anciens, amis, parents, militants…
Une fête des 25 postes sera organisée prochainement et nous ne manquerons pas de vous y convier.
Un grand merci à tous !
Les membres du Lycée Autogéré de Paris