The Walking Dead: Saison 1

Avec No Time Left, TellTale vient de mettre un terme à son adaption vidéoludique de l’univers du comics de Robert Kirkman. Si vous pensiez que le genre Point’n Click était mort et enterré, The Walking Dead vous prouve incontestablement le contraire. Retour sur le chef-d’œuvre du studio californien, et assurément le plus gros pincement de cœur de 2012.

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Que ce soit dans le cinéma, la littérature, ou même les jeux vidéos, les morts vivants ont presque toujours uniquement servi à accentuer la dépression et la folie montante des survivants. Imprévisibles, déséquilibrés et même avares, quand la faim parle, même les bons samaritains peuvent vous poignarder lâchement pour s’emparer de votre ration. Le réel danger se révèle rapidement être les vivants et non les morts.  The Walking Dead Saison 1 fait partie des jeux de cette trempe. Ceux qui vont miser sur des relations humaines fortes et une excellente ambiance, plutôt que sur des scènes d’actions bien grasses. Pour les fanas d’expériences scénarisées, c’est un incontournable. Pour les autres, ne fuyez pas, car ce titre est susceptible de séduire même les réfractaires du genre.

Pour vous, l’aventure commence au tout début de la propagation de l’infection, dans la peau de Lee Everett. Suite à une introduction qu’on se gardera de vous spoiler, vous finirez par faire la rencontre de Clémentine, une petite fille effrayée qui a perdu ses parents. Cette rencontre qui pourra paraître anodine, sera en réalité tout l’intérêt du jeu.  À moins d’être un véritable glaçon, il vous sera impossible de ne pas être pris d’empathie pour cette gamine innocente livrée à elle même. Que ce soit par le biais de leur relation et personnalité minutieusement travaillées, leurs excellents doublages ou le naturel de leurs discussions, Lee Everett et Clémentine forment l’un d’un plus beau duos qu’il nous ait été donné de voir, tous médias confondus.

Un dialogue typique. La barre blanche en bas de l’écran vous indique le temps restant pour choisir une réponse.

Si vous n’avez pas eu l’occasion ou l’envie de suivre les péripéties du shérif Rick Grimes, pas d’inquiétude, vous ne devriez pas être déboussolés. Certes, quelques clins d’œil adressés aux connaisseurs du comics vous passeront sous le nez, mais vous n’aurez pas de mal à vous immerger dans cette situation d’horreur. Fort heureusement, les autres membres du casting ne sont pas en reste. Au premier regard, certains pourront vous paraître cliché, mais il n’en est rien. Il suffit de dialoguer un peu avec eux, pour se rendre compte qu’il ont tous reçu un soin énorme de la part de TellTales, qui a repoussé ses limites pour leur donner une personnalité, admirable ou détestable. Chaque joueur se fera un ressenti différent sur les personnages, qui pourront sembler égoïstes pour vous et justes pour d’autres. Tout le long du jeu, leurs caractères restent en évolution constante, au fil de vos choix. Chacune de vos décisions est plus cornélienne que l’autre, et les scénaristes prennent plaisir à vous torturer, en vous mettant parfois dans des situations qui n’ont pas de bonne issue.

Rappelons-le, nous sommes bien dans un « jeu vidéo ». Si la grande majorité du jeu est constituée de cinématiques et de dialogues, c’est en soi ce qui fait la force du titre, et permet, contrairement à un film, non pas de « suivre » une aventure, mais de la vivre.

Malgré des animations robotiques, des choix qui n’ont aucune influence sur le final et des imperfections techniques, on ne peut que saluer le travail effectué. Ces défauts restent bien anecdotiques et se noient dans un océan de qualités. Ce que The Walking Dead Saison 1 perd en technique, il le récupère avec son excellente direction artistique, sa richesse d’écriture ou son scénario touchant qui n’a pas à rougir devant celui du comics du même nom. Avec un prix si généreux – 22,99€ pour l’intégralité des épisodes – on ne peut que vous recommander l’œuvre de TellTale Games.//

Mafia 2

Annoncé courant 2007 et victime de plusieurs reports, Mafia II a su s’attirer les projecteurs. Entre trailers alléchants et la promesse d’une aventure inoubliable, les amoureux de l’ambiance des années fifty n’en pouvaient plus d’attendre. Il aura fallu batailler, mais trois ans plus tard, le jeu attendu comme l’ultime simulateur de mafieux tombe enfin entre nos mains. Une question vous tracasse forcément: tout cela en valait-il vraiment la peine? Verdict.

Le protagoniste principal, Vito Scaletta, est de retour à Empire Bay après son service à l’armée. Il comprend vite ce que signifie être un citoyen honnête : un boulot exaspérant et inhumain à l’usine, des conditions misérables qui vous tuent à petit feu avant d’être achevé par l’alcool. Pour ne pas finir comme son père, broyé par la fatalité, il prend la voie du crime, décidé à se faire un nom dans le milieu. Je vous l’accorde, ce n’est pas très innovant. Oui, l’apprenti mafieux qui veut monter en grade, on en a déjà mangé à toutes les sauces. Cependant le plus important ne sera pas l’histoire, mais la façon de la raconter.

Aidé par des cinématiques plutôt réussies, rendu encore plus crédible grâce à des graphismes splendides, fourmillant de détails et d’une fluidité impériale, le jeu est d’un confort optimal. Malgré des problèmes de synchronisation labiale, l’ensemble reste techniquement plutôt bluffant.

Côté doublage, nos chers français ont fait du bon travail. Même si le jeu de certains acteurs sonne faux, le tout est plutôt convaincant.
Mais bien entendu, tout n’est pas rose… Mafia II souffre d’un gros manque de finition. Le gameplay ne vous étouffera pas sous les innovations. Il faudra se contenter de viser et tirer, avec un système de cover plutôt banal. Le système de bagarre de ne va pas chercher très loin non plus. Le scénario, quoique plutôt intéressant, se voit très rapidement expédié et le dénouement final laissera le joueur sur sa faim. Cela dit, ce ne sont pas les seuls éléments qui nous mettent sur la piste d’un jeu à fort potentiel malheureusement terminé dans la précipitation.

On pourrait voir Mafia II comme un GTA-Like, c’est à dire un grand terrain de jeu promettant d’innombrables heures d’exploration et d’amusement, entre courses de voitures, mini-jeux, sports, et même quêtes annexes scénarisées… Mais il n’en est rien. Dans Mafia II seule la quête principale sera source de divertissement. Et étant donné sa courte durée de vie – 10H environ – on peut s’interroger sur le prix trop élevé en regard de ce qui est proposé.

Autre détail qui peut fâcher, Vito va grimper les échelon à vitesse lumière. On déplore donc l’absence de sensation de récompense pour son dur labeur. Voici le procédé: après une fin de mission, une cinématique – sans dialogue – s’enchaîne et vous explique que vous quittez votre baraque miteuse pour une villa avec piscine. Bien évidemment, il faut encore rejeter la faute sur la courte durée de vie. Dans la catégorie « pénalisé par la brièveté du jeu », le scénario lui même en est victime, mais arrivera pourtant à en tirer avantage… Contrairement à d’autres open-world qui nous font jouer au bowling entre deux hold-up, Mafia II s’exécute d’une traite, sans aucune pause. Ce qui en fait une épopée forte et immersive. De bonnes impressions renforcées par une excellente mise en scène, une ville qui transpire d’originalité et des graphismes qui ne toussotent pas le moindre défaut. Mais que de déception pour ceux qui s’attendaient à leur plus grand banditisme, mais il ne sera pas l’ultime jeu qu’on attendait tous.

Mafia II est un bon cocktail d’aventure et d’action, qui laissera un arrière-goût amer par sa fin précipitée. Sans être une honte, il ne fait pas honneur à Mafia premier du nom. Mais l’ambiance fifty sacrément bien rendue, les gunfights intenses, les personnages attachants pourront justifier l’achat pour les fans du genre.