Portal

 

Portal a su éveiller notre curiosité. Un fusil à portail, clic gauche pour ouvrir une entrée, clic droit pour ouvrir une sortie. Si le concept est intriguant et prometteur, une question reste en suspens. Sommes-nous face à une simple démonstration des capacités du fusil à portail ? Ou bien s’agit-il d’un jeu au scénario léché qui va s’octroyer une place dans la ludothèque de nos plus belles expérience vidéo-ludiques ? Après un peu plus d’une année d’attente, le titre de Valve tombe enfin entre nos mains, prêt à recevoir notre jugement.

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Portal vous place dans la peau d’un sujet d’expérience. Tout juste sorti du sommeil, un robot vous guidera vers les premières phases de tests, à l’aide de haut-parleurs et de caméras disposées un peu partout. Très rapidement tombera entre vos mains le fusil à portail. A présent, votre objectif: aller d’un point A à un point B. Eh oui, le scénario n’ira pas chercher plus loin. La courte durée de vie – 3H environ – est évidemment insuffisante pour avoir le temps de raconter une histoire. Mais sincèrement, on n’attendait pas Portal pour son scénario. On regrettera tout de même que l’aventure soit aussi brève.

Les joueurs ayant déjà incarné Gordon Freeman ne seront pas déboussolés. Et cela dès l’écran titre. Les déplacements, les sauts, la physique… Cerise sur le gâteau, même les bruitages sont identiques. Portal n’a de différence avec Half-Life 2 que le scénario et le contexte. Fainéantise de la part des développeurs ? Peut-être, mais tant mieux!

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Le fusil à portail est l’élément principal du jeu.

Sans doute un gros gain de temps, qui a permis de voir arriver Portal sur nos écrans à vitesse lumière. Et même si le moteur source n’a plus sa jeunesse d’autrefois, le résultat reste correct.
En revanche, il s’avère difficile de contempler les environs. Limité à des couloirs blancs et vides, Portal est d’ailleurs fortement déconseillé aux claustrophobes. Vous allez suivre les rails soigneusement placés par les développeurs et jamais vous n’aurez l’occasion de vous en écarter. Certains jeux couloirs s’évertuent pourtant à nous donner une fausse impression de liberté. Mais dans Portal, l’épaisseur des murs d’acier du laboratoire Aperture nous rappelle à chaque seconde qui passe que nous sommes simplement en train de suivre un chemin.

Avec un peu de recul, l’ambiance peut paraître glauque. Lâché et bloqué dans un laboratoire effrayant par ses décors vides de couleurs comme de mobilier… Heureusement, l’humour est omniprésent. Que ce soit par les interventions loufoques du robot censé vous donner des instructions, ou les tourelles automatique à la voix mielleuse, le tout est d’une finesse juste et ne tombe jamais dans la facilité de la grossièreté. De quoi rendre votre petit périple plus agréable.

La difficulté des énigmes est diablement bien dosée. Juste assez complexe pour nous donner une sensation de victoire bien méritée. Elles joueront beaucoup (tout ?) sur la physique, et évidemment sur le fusil à portail. Pour en venir à bout, il faudra soit faire l’effet catapulte, soit rediriger des boules d’électricité dans son lanceur ou encore traverser des obstacles, des ravins remplis d’acide. Et tout ça, à l’aide du fusil à portail. D’ailleurs, sur la fin, on ressent parfois une certaine lassitude… l’impression de refaire un cycle, en boucle. Mais cela reste bien anecdotique puisque tout le reste de cette aventure est un vrai plaisir pour les amateurs de casse-tête.

Portal se cherche encore, et ça se sent. Et, même si on doit reconnaître que les énigmes sont convaincantes, le bébé de Valve se contente de nous faire passer de salle en salle, dans des décors plutôt vides. Il suffirait d’allier le fusil à portail avec un scénario captivant et un visuel dépaysant, et nul doute qu’on obtiendrait un résultat plus qu’excellent.. Malgré tout, Portal reste une expérience rafraîchissante, qu’on ne peut que vous recommander chaudement.

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