Mafia 2

Annoncé courant 2007 et victime de plusieurs reports, Mafia II a su s’attirer les projecteurs. Entre trailers alléchants et la promesse d’une aventure inoubliable, les amoureux de l’ambiance des années fifty n’en pouvaient plus d’attendre. Il aura fallu batailler, mais trois ans plus tard, le jeu attendu comme l’ultime simulateur de mafieux tombe enfin entre nos mains. Attention: attendre un jeu au sommet vous rendra la chute encore plus dure… Une question vous tracasse forcément: tout cela en valait-il vraiment la peine? Verdict.ma2Le protagoniste principal,Vito Scaletta, est de retour à Empire Bay après son service à l’armée. Il comprend vite ce que signifie devenir un citoyen honnête : un boulot exaspérant et inhumain à l’usine, des conditions misérables qui tuent à petit feu avant d’être achevé par l’alcool. Pour ne pas finir comme son père, broyé par la fatalité, il prend la voie du crime, décidé à se faire un nom dans le milieu. Je vous l’accorde, ce n’est pas très innovant. Oui, l’apprenti mafieux qui veut monter en grade, on en a déjà mangé à toutes les sauces. Cependant le plus important ne sera pas l’histoire, mais la façon de la raconter.

Aidé par des cinématiques plutôt réussies, rendu encore plus crédible grâce à des graphismes splendides, fourmillant de détails et d’une fluidité impériale, le jeu est d’un confort optimal. Malgré des problèmes de synchronisation labiale, l’ensemble reste techniquement plutôt bluffant.

Côté doublage, nos chers français ont fait du bon travail. Même si parfois le jeu de certains acteurs sonne faux, le tout est plutôt convaincant.
Mais bien entendu, tout n’est pas rose… Mafia II souffre d’un gros manque de finition. Le gameplay ? Autant être clair: vous n’allez pas étouffer sous les innovations. Le système de bagarre de ne va pas chercher très loin non plus. L’ensemble reste plutôt banal, même si les gunfights ont du punch. Le scénario, quoique plutôt intéressant, se voit très rapidement expédié et le dénouement final laissera le joueur sur sa faim. Cela dit, ce ne sont pas les seuls éléments qui nous mettent sur la piste d’un jeu à fort potentiel malheureusement terminé dans la précipitation.

On pourrait voir Mafia II comme un GTA-Like, c’est à dire un grand terrain de jeu promettant d’innombrables heures d’exploration et d’amusement, entre courses de voitures, mini-jeux, sports, et même quêtes annexes scénarisées… Mais il n’en est rien. Dans Mafia II seule la quête principale sera source de divertissement. Et étant donné sa courte durée de vie – 10H environ – on peut s’interroger sur le prix trop élevé en regard de ce qui est proposé.

Autre détail qui peut fâcher, Vito va grimper les échelon à vitesse lumière. On déplore donc l’absence de sensation de récompense pour son dur labeur. Voici le procédé: après une fin de mission, une cinématique – sans dialogue – s’enchaîne et vous explique que vous quittez votre baraque miteuse pour une villa avec piscine. Bien évidemment, il faut encore rejeter la faute sur la courte durée de vie. Dans la catégorie « pénalisé par la brièveté du jeu », le scénario lui même en est victime, mais arrivera pourtant à en tirer avantage… Contrairement à d’autres open-world qui nous font jouer au bowling entre deux hold-up, Mafia II s’exécute d’une traite, sans aucune pause. Ce qui en fait une épopée forte et immersive. De bonnes impressions renforcées par une excellente mise en scène, une ville qui transpire d’originalité et des graphismes qui ne toussotent pas le moindre défaut. Mais que de déception pour ceux qui s’attendaient à leur plus grande expérience vidéo-ludique. Mafia II vous donnera 10 bonnes heures immergé dans le monde du grand banditisme, mais il ne sera pas l’ultime jeu qu’on attendait tous.

Mafia II est un bon cocktail d’aventure et d’action, qui laissera un arrière-goût amer par sa fin précipitée. Sans être une honte, il ne fait pas honneur à Mafia premier du nom. Mais l’ambiance fifty sacrément bien rendue, les gunfights intenses, les personnages attachants pourront justifier l’achat pour les fans du genre.

Portal

 

Portal a su éveiller notre curiosité. Un fusil à portail, clic gauche pour ouvrir une entrée, clic droit pour ouvrir une sortie. Si le concept est intriguant et prometteur, une question reste en suspens. Sommes-nous face à une simple démonstration des capacités du fusil à portail ? Ou bien s’agit-il d’un jeu au scénario léché qui va s’octroyer une place dans la ludothèque de nos plus belles expérience vidéo-ludiques ? Après un peu plus d’une année d’attente, le titre de Valve tombe enfin entre nos mains, prêt à recevoir notre jugement.

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Portal vous place dans la peau d’un sujet d’expérience. Tout juste sorti du sommeil, un robot vous guidera vers les premières phases de tests, à l’aide de haut-parleurs et de caméras disposées un peu partout. Très rapidement tombera entre vos mains le fusil à portail. A présent, votre objectif: aller d’un point A à un point B. Eh oui, le scénario n’ira pas chercher plus loin. La courte durée de vie – 3H environ – est évidemment insuffisante pour avoir le temps de raconter une histoire. Mais sincèrement, on n’attendait pas Portal pour son scénario. On regrettera tout de même que l’aventure soit aussi brève.

Les joueurs ayant déjà incarné Gordon Freeman ne seront pas déboussolés. Et cela dès l’écran titre. Les déplacements, les sauts, la physique… Cerise sur le gâteau, même les bruitages sont identiques. Portal n’a de différence avec Half-Life 2 que le scénario et le contexte. Fainéantise de la part des développeurs ? Peut-être, mais tant mieux!

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Le fusil à portail est l’élément principal du jeu.

Sans doute un gros gain de temps, qui a permis de voir arriver Portal sur nos écrans à vitesse lumière. Et même si le moteur source n’a plus sa jeunesse d’autrefois, le résultat reste correct.
En revanche, il s’avère difficile de contempler les environs. Limité à des couloirs blancs et vides, Portal est d’ailleurs fortement déconseillé aux claustrophobes. Vous allez suivre les rails soigneusement placés par les développeurs et jamais vous n’aurez l’occasion de vous en écarter. Certains jeux couloirs s’évertuent pourtant à nous donner une fausse impression de liberté. Mais dans Portal, l’épaisseur des murs d’acier du laboratoire Aperture nous rappelle à chaque seconde qui passe que nous sommes simplement en train de suivre un chemin.

Avec un peu de recul, l’ambiance peut paraître glauque. Lâché et bloqué dans un laboratoire effrayant par ses décors vides de couleurs comme de mobilier… Heureusement, l’humour est omniprésent. Que ce soit par les interventions loufoques du robot censé vous donner des instructions, ou les tourelles automatique à la voix mielleuse, le tout est d’une finesse juste et ne tombe jamais dans la facilité de la grossièreté. De quoi rendre votre petit périple plus agréable.

La difficulté des énigmes est diablement bien dosée. Juste assez complexe pour nous donner une sensation de victoire bien méritée. Elles joueront beaucoup (tout ?) sur la physique, et évidemment sur le fusil à portail. Pour en venir à bout, il faudra soit faire l’effet catapulte, soit rediriger des boules d’électricité dans son lanceur ou encore traverser des obstacles, des ravins remplis d’acide. Et tout ça, à l’aide du fusil à portail. D’ailleurs, sur la fin, on ressent parfois une certaine lassitude… l’impression de refaire un cycle, en boucle. Mais cela reste bien anecdotique puisque tout le reste de cette aventure est un vrai plaisir pour les amateurs de casse-tête.

Portal se cherche encore, et ça se sent. Et, même si on doit reconnaître que les énigmes sont convaincantes, le bébé de Valve se contente de nous faire passer de salle en salle, dans des décors plutôt vides. Il suffirait d’allier le fusil à portail avec un scénario captivant et un visuel dépaysant, et nul doute qu’on obtiendrait un résultat plus qu’excellent.. Malgré tout, Portal reste une expérience rafraîchissante, qu’on ne peut que vous recommander chaudement.

Fallout: New Vegas

L’air devient chaud, le ciel orange, les arbres morts laissent place aux cactus et aux virevoltants et les immeubles en poussière au sable fin. Vous l’avez compris, votre train a quitté les ruines de Washington DC et embarque pour le désert du Mojave. Cette fois, ce sont les petits gars de chez Obsidian Entertainment qui sont aux commandes. Et on croise les doigts pour qu’il prenne la bonne destination. Le studio a déjà fait preuve de son savoir-faire en création de jeu de rôle. Pourtant, on note quelques ombres au tableau : cette date de sortie prématurée rimerait-elle avec bâclé? Le moteur graphique vieillissant gâchera-t-il notre excursion post-apocalyptique?

 

Il aura conquis les nouveaux arrivants, mais laissé un goût amer à tous les fanatiques de la saga : vous vous souvenez sûrement de Fallout 3 et de son orientation action. Son génocide de pillards et de super mutants était cocasse pour les mordus d’action, mais totalement grotesque pour les puristes. Fallout: New Vegas rectifie le tir, et vise directement les joueurs nostalgiques de la saga qui avaient été séduits par une écriture de dialogues exemplaire et un humour noir décalé. On attaquera par ce qui vous tiendra le plus en haleine: le scénario.

Dans le Nevada, à quelques kilomètres des néons de New Vegas. Vous incarnez un coursier, ayant pour simple mission d’amener un jeton de platine d’un point à un autre. La faible lumière blanche de la pleine lune éclaire les vallées sauvages et dévastées du désert du Mojave, Au sommet d’une colline, dans un petit cimetière, se déroule une scène aussi glauque que sanglante. Et elle ne tourne pas en votre faveur… Vous êtes enterré et laissé pour mort d’une balle dans la tête! Loin du confort d’un Abri Vault-Tec, vous vous réveillez vivant dans un petit village qui ne paye pas de mine. Un médecin du coin vous a réparé la caboche. Bilan, une cicatrice, une sacrée gueule de bois et une furieuse envie de vengeance. Une fois dehors, vous n’avez qu’une seule idée en tête: retrouver vos agresseurs et éclaircir ce mystère : pourquoi a-t-on tenté de vous assassiner ?

Cette traque vous amènera à croiser action et quêtes annexes scénarisées, mariées à une écriture maîtrisée des dialogues qui ne loupera pas le rendez-vous. Quant à la trame principale, elle est plutôt bien menée même si on regrette que certaines scènes qui auraient pu être épiques tournent au ridicule, gâchées par la limitation technique du jeu. Il se révèle frustrant de voir seulement une dizaine de PNJ assister a une conférence censée être noire de monde. Le même problème persiste pendant les batailles. Tant pis. Il faudra faire appel à l’imagination.

En revanche, dans le précédent opus, la déception a été énorme sur un point: impossible de jouer une ordure, un égoïste prêt à vendre des enfants pour pouvoir se mettre un steak de radcafard sous la dent ou encore un saint prêt à donner son eau purifiée et sa vie pour celle des autres.
Désormais, avec New Vegas, vous allez pouvoir tracer votre propre route, gentil ou méchant. Les développeurs essaieront de ne pas trop vous tenir par la main et vous offrent quatre fins différentes, avec la faction que vous aurez choisie. On se sent important, et nos choix deviennent réellement conséquents.

Vous êtes prévenus.

Pas de miracles, hélas. Une fois la cinématique d’introduction terminée,c’est avec horreur que vous retrouverez à nouveau face à des personnages inexpressifs, empaillés – comme au temps de Fallout 3. Les textures sont moyenâgeuses. Fallout: New Vegas est affreux graphiquement, faiblard et techniquement vieillot. Les fallout n’ont jamais brillé par leurs graphismes, et autant le dire tout de suite, cet épisode ne changera pas la donne. Vous commencerez par pouffer de rire devant les innombrables et improbables bugs qui croiseront votre chemin. Entre les cadavres démembrés qui ressuscitent, les bruitages de villes qui continuent jusqu’en plein milieu du désert, les ennemis bloqués entre les murs… Votre sourire va en réalité vite s’effacer au bout d’un énième plantage du jeu, pour laisser place à une colère qui vous rendra fou à petit feu. La distance d’affichage fait une vingtaine de mètres à tout casser. Les animations sont très rigides et les mouvements lourds. Et non, la gestion des lumières ne sauvera rien. Vous vous dites sûrement qu’au moins des graphismes si pauvres permettront au joueur disposant d’un pc bas de gamme d’accéder au jeu ? Que nenni ! L’optimisation est une catastrophe elle aussi. Du côté des voix françaises, c’est du grand n’importe quoi. Un désastre. Certains personnages semblent être doublés par des acteurs sortis tout droit de
« Plus belle la vie ». Tellement qu’il est difficile de ne pas les imaginer en train de réciter leur textes dans un studio d’enregistrement. D’autres individus vous parleront subitement en Anglais. Fainéantise ou oubli de la part d’Obsidian? Peu importe, le ratage est complet. Les anglophones pourront contourner cette VF avec une VO plus agréable.

Un des atouts qu’il faut bien accorder à New Vegas: les compagnons sont intéressants. Au fil du temps, si vous leur venez suffisamment en aide, ils finiront par révéler des secrets sur leur passé, ce qui vous amènera à accomplir des quêtes spécialement conçues pour eux. C’est un réel plaisir de les aider et d’apprendre à les connaître, avec leurs failles : tristesse, maladies… Vous ne verrez pas vos compagnons comme des brahmines de stocks, uniquement bons à transporter vos déchets et votre bric-à-brac, mais comme de véritables humains. Cependant, l’un n’empêche pas l’autre; ils pourront quand même se révéler utiles au combat. Surtout que vous touchez maintenant un bonus spécial quand ils vous accompagnent. Et ils disposent également d’un espace de stockage plutôt large.
On peut joindre l’utile à l’agréable, non?
Des nouveautés sont de la partie, un inventaire plus pratique pour les compagnons, les perks tous les deux niveaux…
Notons aussi l’arrivée d’un mode hardcore qui consistera à donner des besoins à votre personnage, tels que dormir, être hydraté et se nourrir correctement, sous peine de pénalités sur vos statistique S.P.E.C.I.A.L, et pouvant même aller jusqu’à la mort. Les munitions auront du poids, les soins en tous genres, radaway, stimpaks et nourriture vous redonneront progressivement votre santé. Ce mode de jeu ravira les vétérans, mais est fortement déconseillés aux novices. Quant à lui, le pip-boy est évidemment toujours là, pour le meilleur comme pour le pire..

Bien que le jeu soit plutôt facile, certains ennemis plutôt effrayants et très baraqués vous donneront du fil à retordre. Mais dans l’ensemble votre progression sera plutôt aisée. l’IA pas au poil des ennemis penchera en votre faveur. Bien que parfois peu inspiré artistiquement, en très peu de temps, New Vegas nous livre un terrain certes moins grand que son prédécesseur, mais bien plus complet. La durée de vie sera d’ailleurs bien plus conséquente et il faudra au moins le double de temps pour venir à bout du nouveau né d’Obsidian.

Il est clair que New Vegas ne comptera pas la maitrîse technique dans ses atouts. Mais pas besoin de graphismes photo-réalistes pour vous immerger dans ce monde ravagé par les têtes nucléaires. Et même si on se serait passés de défauts comme les PNJ parfois peu nombreux durant les batailles, l’optimisation dépêchée, les graphismes d’une autre époque.. Les points positifs seront les dialogues, l’importance de vos choix et votre liberté. Ce seront des arguments suffisants pour justifier votre achat, et même si vous ne retrouvez pas les sensations des premiers opus, votre âme de rôliste sera comblée.